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           Le Mont - Soufflard ?

           Mais si Monsieur, c'est un ancien volcan.

           On le voit bien. Il domine toute la région.

           Allez vous y promener, vous verrez encore le trou du cratère. Par moment il est plein d'eau !

Voilà une rumeur bien ancrée qui circule depuis longtemps dans Montdidier et ses environs.

En fait, cette rumeur rejoint celle de Canly, non loin d'Estrés Saint-Denis.

" Un sieur Warnier, propriétaire d'un moulin à vent situé près de Canly, sur le haut d'une éminence voisine,

avait remarqué que plusieurs filets d'eau s'écoulaient de cette butte sur laquelle existait d'ailleurs une

fontaine dite de Saint Martin.

Il imagina qu'en réunissant toutes ces eaux en un point central, il obtiendrait un courant assez puissant

pour mettre en mouvement un petit moulin.

A cet effet, il creusa un étang, les déblais exposés à l'air s'échauffèrent et entrèrent en combustion

quelques temps après. Ce phénomène entièrement inconnu dans le pays y jeta le trouble, on cru que

toute la montagne de Canly était minée par un feu souterrain, qu'un volcan s'était formé, que le canton

était menacé."       

                                                                  Chronique de l'Oise (1775)

Et pourtant, nous sommes loin de la réalité,

le Mont-Soufflard, comme la butte de Canly n'ont rien d'un volcan, que s'était-il passé ?

Depuis très longtemps, la tradition locale rapportait que le Mont recelait de la houille et même une mine

d'argent.

Après la révolution française, en 1793, le district de Breteuil, fait réaliser un sondage.

Comme à Rollot, en 1796, les sondages du sous-sol révèlent la présence de lignite à moins de huit mètres de

profondeur.

Il s'agit d'une roche sédimentaire, composées de plantes fossilisés, avec une teneur en carbone de 50%.

C'est en sorte un intermédiaire entre la tourbe et le charbon.

La tourbe contient 20% de carbone, le charbon, (anthracite) 95%.

Hélas, l'épaisseur des couches était trop faible pour en faire une exploitation rentable.

L'idée d'utiliser la lignite vient du fait que depuis longtemps, on savait qu'une combustion de matières

organiques donne des cendres, et que celles-ci, riches en potasse,  sont excellentes pour la fertilité des terres.

Déjà en 1743, on faisait venir des cendres de tourbe de Hollande pour les utiliser comme engrais naturel.

Rapidement l'extraction de la lignite se met en place au sommet du Mont Soufflard comme à Rollot.

Ces sites d'extractions, qui se développent alors en Picardie, sont appelés des cendrières, elles perdureront

jusqu'à la veille de la première guerre mondiale.

L'extraction à ciel ouvert a bouleversé presque toute la surface du sommet du Mont Soufflard.

Elle donne lieu à des déblais de plusieurs mètres de hauteur, et nécessite l'emploi de huit pompes pour évacuer

l'eau qui y stagne.

Cette activité occupe près de 80 ouvriers divisés en trois classes :

- Les piocheurs qui creusent jusqu'aux couches de lignites.

- Les brouetteurs qui transportent les matières.

- Les concasseurs, qui pulvérisent la lignite à l'aide de rouleaux tirés par des chevaux.

La plupart des ouvriers et ouvrières viennent de Broyes, mais aussi de Villers-Tournelle, du Cardonnoy et de

Sérévillers.

La production est estimée à 15 000 mille hectolitres de cendre.

La particularité de la cendrière du Mont Soufflard, comme celle de Rollot, vient de la présence dans la

lignite de pyrite. Ce composant minéral, presque inconnu en 1750, réagit fortement en présence d'oxygène.

En effet, en présence d'oxygène, la pyrite se transforme en sulfate ferreux, et cette réaction produit

une chaleur suffisante pour mettre en auto-combustion la lignite extraite du sous-sol.

Cette cendrière produisait donc des cendres riches en potasse (engrais), mais aussi des éléments

ferreux qui sont excellents pour le développement des plantes.

 

Une auto-combustion s'est-elle déclarée aussi de manière accidentelle au Mont Soufflard comme sur la butte

de Canly ?  Les habitants des villages environnants ont-ils cru à l'apparition d'un nouveau volcan ?

Nous imaginons aisément la crainte, puis la peur qui s'est installée dans leurs esprits,

pour que, deux cents ans plus tard, la légende d'un volcan soit toujours dans la mémoire collective.

L'énigme du Mont Soufflard

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